Nessieland : le blog

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J’étais chez moi, dans ma chambre ce matin en train de paufiner mes playlists de la semaine tout en pensant au concert des 65daysofstatic de ce soir (dont le live-report en ligne dimanche ou lundi) quand je me suis souvenue que nous étions aujourd’hui le 30 avril… Pour le commun des mortels, le 30 avril c’est juste un jour comme un autre, voire pour certains le « jour de paie » mais pour moi, la Gonzo Dudette, c’est une bien triste journée car il y a 28 ans nous quittait l’un des plus grands critiques rock gonzo de l’histoire du journalisme moderne, à savoir Lester Bangs.

Lester Bangs

Leslie "Lester" Bangs (1948-1982)

Derrière ce pseudonyme hyper racoleur se cachait un homme, un touche-à-tout répondant au nom de Leslie Conway Bangs. Leslie naquit le 14 décembre 1948 à Escondido, en Californie et était à la fois  journaliste, critique musical, auteur et musicien.

Considéré comme l’un des plus grands rock critics de l’histoire, son œuvre atypique dépasse largement le cadre du rock ‘n’ roll et est souvent considérée comme une œuvre littéraire à part entière, fortement influencée par Bukowski, Burroughs et Kerouac. Le premier article de Lester Bangs fut une critique du disque Kick out the Jams du MC5 pour le compte du magazine Rolling Stone. Alors âgé de vingt ans, Lester Bangs critique l’album avec véhémence, alors que ce dernier rencontre un fort succès auprès du public et des rédactions spécialisées (il se rétractera quelques années plus tard, reconnaissant un certain talent à la formation de Détroit). Ouaip, Lester était loin d’être un ange; sans concession avec les artistes qu’il chroniquait, le bonhomme n’hésitait pas à se montrer un peu méchant.

Lester Bangs publia en tout plus de cent cinquante critiques pour Rolling Stone entre 1969 et 1973, année où il fut renvoyé pour « manque de respect envers les musiciens ». Voilà ce que ça coûte d’être intraitable. C’est alors le magazine Creem qui l’engagea et lui donna un espace de liberté où il eut tout loisir de s’exprimer à sa guise. Considérant que sa personne était aussi importante que les artistes dont il avait à parler, il n’hésitait pas à insérer dans ses textes de larges plages autobiographiques, d’où son association sinequanone et indiscutable au journalisme gonzo.

Méprisant toutes les prétentions et cultivant un goût certain pour la provocation, il éprouvait un profond dédain pour des groupes comme Led Zeppelin, qu’il n’hésita pas à qualifier de « pédales émaciées ». En revanche, il avait un profond respect pour Lou Reed. Lester Bangs inventa, développa et promut une esthétique de joyeux dédain et d’amour de ce qui pouvait passer pour du déchet. À cela il donna un nom : le punk. Pour le compte de Creem, il publia plus de cent soixante-dix comptes-rendus et soixante-dix articles (dont certains atteignaient la trentaine de pages, notamment celui sur The Clash).

Ami et collègue du maître Hunter et adepte de drogues et d’alcool, il mourut de complications respiratoires le 30 avril 1982, à l’âge de 33 ans. Nous savons aujourd’hui qu’il avait beaucoup de projets de romans, d’essais et de livres en tous genres, que sa courte vie ne lui permit pas de mener à terme. Selon sa propre expression, « le disque de rock qui a eu le plus d’importance dans sa vie » est l’album Astral Weeks, de Van Morrison

Oeuvres et biographies

Discographie

  • Lester Bangs and the Delinquents : Jook Savages on the Brazos, LP, Live Wire, 1981.
  • Birdland, With Lester Bangs, LP, Add On, 1986.
  • Lester Bangs : Let It Blurt / Live, 45t, Spy Records Ltd, 1979. (single)

Héritage laissé par Lester

  • Bangs est mentionné dans la chanson de R.E.M. It’s the End of the World as We Know It (and I Feel Fine) en 1987.
  • Bangs est également mentionné dans la chanson de Dillinger Four Our Science Is Tight.
  • Bangs est encore mentionné dans la chanson des Ramones It’s Not My Place (In the 9 to 5 World) de l’album Pleasant Dreams en 1981.
  • L’auteur de science fiction Bruce Sterling a écrit son histoire de Dori Bangs (publiée dans Asimov’s Science Fiction en 1989) en s’inspirant de Bangs (et de l’auteur de comics Dori Seda). Sterling étudie ce qu’aurait pu faire Bangs s’il avait vécu plus longtemps.
  • Bangs est interprété par Philip Seymour Hoffman dans le film autobiographique de Cameron Crowe Presque célèbre (2000), dans lequel un journaliste musical le prend comme idole.
  • Et même si on a de quoi se plaindre dans le journalisme musical vu les baltringues et autres abrutis finis que constituent la majeure partie de la grande famille des « rock critics« , en particulier en France, on peut toujours apprécier l’hyper objectivité journalistique dans le monde des magazines culturels et musicaux que fut celui du grand Lester. Repose en paix, dude…

    Miss Nessie

    ps: Toute référence à des rédacteurs des Inrocks, de Rock N’ Folk ou autre juré de télé-crochets est tout sauf fortuite. Et comme on dit par chez nous: « Straightforwardness Rocks »!! 😀

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    Pour certains c’était un journaliste un peu excentrique, pour d’autres un écrivain un peu trop excentrique, pour moi – la Gonzo Dudette – Hunter S. Thompson est bien au-dessus de tout, c’est un mythe et ce mythe a pris Autoroute de l’Enfer ou bien les Escaliers pour le Paradis, c’est selon, il y a tout juste 5 ans.

    Hunter S. Thompson, mon idole

    Personnalité inventive, Hunter Stockton Thompson, né le 18 juillet 1937 à Louisville, dans le Kentucky, est à l’origine d’une forme de journalisme appelée le ‘gonzo‘. Il a débuté sa carrière en tant que  journaliste sportif de la base aérienne d’Eglin à Pensacola en Floride le « Command Courrier ». Il travaille ensuite plusieurs années en Amérique du Sud pour le National Observer, puis rentre aux États-Unis à cause d’une dysenterie. Sa carrière de journaliste se pouruit au Time et au New York Herald Tribune et se poursuit quelques années plus tard aux Caraïbes où il écrit pour The National Observer.

    Le journalisme « gonzo », art parmi les arts de l’écriture, se traduit essentiellement par des enquêtes ou des formulations ultra subjectives, émaillées de récits rédigés à la première personne, souvent sous l’influence de drogues. Reporter et écrivain, il a marqué les esprits grâce à une plume féroce et violente et un engagement politique exacerbé.  Il retourne peu après aux Etats-Unis où il tente de se présenter à des élections, caressant l’espoir de devenir shérif. Il échoue de peu. En 1966, il publie ‘HellsAngel‘, une virée avec ces motards qu’il considère comme les derniers héros de l’Amérique. Certains des membres sont des criminels condamnés pour meurtre ou trafic de drogue. A la suite d’un différend lié au partage des droits d’auteurs, Hunter est tabassé et envoyé à l’hôpital. C’est en devenant l’ami notoire d’Oscar Zeta Acosta,  qu’il publiera en 1972 sort ‘Las Vegas Parano‘, un récit autobiographique déjanté et subversif qui raconte les tribulations de l’auteur en quête du rêve américain à travers la prise de substances hallucinogènes. Un voyage au cours duquel destructions de chambres d’hôtels succèdent aux détournements de mineurs et à une consommation effrénée de drogue. L’adaptation de ce livre au cinéma fait connaître Thompson au grand public en dehors de ses nombreux écrits dans des journaux comme Rolling Stone (dont il fut un des éditorialistes les plus mythiques). En 1973, il suit les élections présidentielles pour Rolling Stone, d’abord lors des primaires démocrates, puis le face à face entre McGovern et Nixon. Il en tire le livre Fear and Loathing: On the Campaign Trail ’72.

    Aigri, en révolte contre son pays, il n’a de cesse de fustiger le gouvernement américain et se retire, quelques années avant sa mort, dans un ranch discret près d’Aspen dans le Colorado. Il met fin à ses jours à l’aide de son arme à feu le 20 février 2005. Personnage contestataire et écorché vif, ses écrits sont caractérisés par un mélange de fiction et de réalité, le tout nimbé de formulations hallucinées.

    Pour finir avec ce tribute à la mémoire de Hunter, je tenais juste à ajouter que sa mort néanmoins beaucoup inspiré et que c’est en grande partie grâce à lui, que la Little Miss Gonzo Dudette qui se tient (enfin, se tient c’est vite dit) devant vous, si j’ai crée ce blog et si je continue à bosser dur pour devenir, un beau jour, THE Gonzo Dudette. RIP Hunter…

    Miss Nessie.


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