Nessieland : le blog

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La raison pour laquelle je ne fais pas beaucoup de critiques littéraires, c’est parce que je ne me considère pas assez douée pour ça. Parce que la critique d’albums, je sais faire, pour le cinéma c’est à peu près pareil à quelques exceptions près. Mais les livres… et c’est pas faute d’être une dévoreuse de bouquins, je les avale tout cru depuis que j’ai su lire et à l’époque je n’avais pas encore 3 ans…

Bunny Munro

Mort de Bunny Munro : chroniques d'un chaud lapin en perdition...

Je vous ai fait l’éloge il y a presque un an d’un livre que j’ai vraiment adoré, un livre dont je continue à lire quelques chapitres quand l’envie m’en prend, « Then We Came To The End / Open Space » de Joshua Ferris. Ça c’était au tout début de Nessieland. Le temps passe et les articles se succèdent à défaut de se ressembler (et c’est pas plus mal) et toujours pas de chroniques littéraires. Ma foi, je vais réparer cette injustice en vous parlant d’un livre que j’ai beaucoup aimé : « Mort de Bunny Munro », un bouquin pas comme les autres à l’image de son personnage central, le « fameux » Bunny Munro et de son auteur, le chanteur australien Nick Cave.

Bunny Munro est un VRP qui vend du rêve et accessoirement des produits de beautés pour les établissements Éternité. Il est accro à la coke, à l’alcool et au sexe. Il lui suffit de fermer les yeux pour voir… des vagins, des minous de parfaites inconnues comme ceux de Kylie Minogue – grande amie et ancienne conquête de Nick Cave, ndlr – et d’Avril Lavigne (il va falloir qu’il m’explique son obsession un de ces quatre pour l’ex-skater girl devenue pipole affligeante). C’est en rentrant un soir chez lui qu’il découvre avec stupeur le corps de sa femme, Libby, qui s’est pendue laissant donc leur fils de 9 ans, Bunny Junior, éperdument seul. Bunny Munro père et fils décident de quitter la ville au volant d’une vieille Punto jaune. Et cela sonnera comme le début de leurs mésaventures à travers le Sud de l’Angleterre sans savoir qu’elle nous annonce aussi la fin d’un Bunny Munro complètement à la dérive…

Pour l’avoir lu, relu et dévoré jusqu’au dernier paragraphe, je peux dire que ce livre est un bijou parce que les personnages sont aussi atypiques qu’hallucinants. En commençant par le héros lui-même, plus « incarnation du rock‘n‘roll à l’anglaise » tu meurs (à croire que Bunny Munro serait l‘alter ego déluré de notre australien moustachu préféré), par ses conquêtes (toutes plus folles les unes que les autres), par « Grand-papa » Bunny Munro Premier (grand méchant loup édenté, cancéreux et en froid avec la terre entière) et par LE personnage le plus attachant du livre, à savoir Bunny Junior, adorable petiot de 9 ans qui découvre le monde à travers son encyclopédie et pour lequel on se prend très vite d’affection – en particulier quand le pauvre chou doit rester dans la Punto et avec une méchante infection des yeux qui le force à porter des lunettes de soleil quand papa fait son chaud lapin chez des desperate housewives Et au contraire, surtout si on est une fille, on trouve que les amis et connaissances de Bunny sont assez médiocres pour ne pas dire qu’ils sont affreux, sales et machos. Mais ce bouquin d’environ 340 pages est très accessible, très rythmé, pas relou aux niveaux des flash-back, facile à lire et puis surtout, il est vraiment très drôle. Un livre drôle qui a aussi le mérite de ne pas tomber dans le mélo ou les clichés et ça, c’est déjà un super bonus, vraiment et puis ça nous change de l’autre enquiquineuse mormone de mes deux avec ses imbéciles heureux de loups-garous et de vampires à la con. Je t’en ficherais moi des vampires qui brillent comme des boules à facettes, abrutie!!

Tout ça pour dire que ce livre est réellement fascinant et qu’il mérite d’être lu. Alors, c’est parfois un peu cru mais bon, il faut bien que le slogan « sex, drugs and rocknroll » si cher à Nick Cave (et à sa jolie plume, il s’agit là de son 4ème livre, après Et l’Ane Vit l’Ange en 1989 et King Ink, Volumes 1 en 98 et 2 en 99) soit utilisé à bon escient et non rabaché comme de la mort aux rats par des tronches de cake à cervelle de flamby et des hipsters trentenaires couillons jusqu‘à la moelle!!! Bon sang que je déteste les hipsters, grrrrr!! Alors si vous voulez passer un bon moment avec un bon pavé, procurez vous ce livre et assistez donc à la Mort de Bunny Munro… Je ne sais plus qui a dit « la mort vous va parfois si bien » mais en tout cas, il/elle a raison 🙂 .

Plus d’infos sur Nick Cave : www.nickcaveandthebadseeds.com // www.grinderman.com // www.myspace.com/nickcaveandthebadseeds // www.mortdebunnymunro.fr (le site officiel du livre)

Miss Nessie

Ps: Il va falloir que je le fasse plus souvent, si un prochain livre trop pas connu me plait, je vous en ferait un joli topo, c’est promis 😉

Pps: Bah autant vous le dire tout de suite, Nessieland sera très prochainement déclinée en anglais. C’était un projet qui me tenait à cœur depuis longtemps mais qui a été retardé pour des raisons techniques et complètement indépendantes de ma volonté. Mais aujourd’hui, c’est officiel. Enfin, cela le sera en septembre. Je vous tiens au courant très vite.

Tel un ponte du nouveau journalisme et qui s’avèrera aussi être un excellent écrivain, l’américain Tom Wolfe fait partie de ces hommes qui vous reservent sans cesse des bonnes surprises. Il fête aujourd’hui ses 79 ans…

Né à Richmond, Virginie, Thomas Kennerly « Tom » Wolfe, Jr.  a entamé à New York une carrière de journaliste et d’essayiste. Dans les années soixante, il devient (avec Norman Mailer, le grand Truman Capote [wouaaah], J. Didion et [ooooh mon idole!!!] Hunter S. Thompson) un des créateurs de ce qu’on a appelé le « Nouveau Journalisme » aux États-Unis. Ses reportages et ses articles présentent une critique implicite de différents aspects de la société américaine. Il a commencé par des récits à mi-chemin entre le journalisme et la littérature comme L’Étoffe des héros, Acid test et Gauchisme de Park Avenue qui l’ont fait connaître du grand public dans les années 1970.

Tom Wolfe est lauréat de plusieurs prix de journalisme. Il s’est aussi composé une allure excentrique avec un costume blanc, un chapeau à larges bords et des guêtres. Un accoutrement décalé qui en fait un habitué des plateaux télévisés où sa prestation est toujours remarquée.

Au fil du temps, ses critiques ont fini par révéler un certain conservatisme, ce que de nos jours Wolfe ne nie pas. Il y a cependant une expression plus ouverte dans son œuvre romanesque qui débute à la fin des années quatre-vingt. Son premier roman, Le Bûcher des vanités (Bonfire of vanities), excellent pavé datant quand même de 1987, (et qui deviendra aussi un film sorti en 1991 avec Tom Hanks, Melanie Griffith, Morgan Freeman, Kim Cattrall et Bruce Willis entre autres) est devenu un best-seller mondial. Le livre s’est vendu à 800 000 exemplaires en édition originale aux Etats-Unis (en comptant les éditions de poche, le total des ventes est estimé à 2 millions). Les yuppies de Wall Street avec leurs tics et leurs angoisses ont été la cible de ce roman dramatique et satirique. Mais Tom Wolfe parle aussi de tous les codes sociaux de New York et des États-Unis de la fin du XXe siècle : la question du racisme y est abordée sur le mode allusif et le rapport dominant-dominé est subtilement analysé. Tout démarre avec l’erreur commise par un yuppie qui se trompe de sortie d’autoroute avec sa maîtresse et qui échoue dans un quartier très défavorisé…

Son deuxième roman, Un homme, un vrai (A Man in Full), dépeint les tensions raciales sous jacentes dans la ville d’Atlanta, au Sud des États-Unis. C’est une grande fresque qui fait une description féroce de la upper society blanche et ses vanités insupportables. Mais il décrit aussi les noirs de la bourgeoisie et du prolétariat tout en faisant une incursion dans les milieux des « petits blancs », employés ou ouvriers, ou dans l’univers carcéral. Le personnage central est un gros entrepreneur de l’immobilier qui traverse des difficultés.

Son troisième roman, Moi, Charlotte Simmons (I Am Charlotte Simmons), qui est à mon gôut son plus gros chef d’oeuvre (à moins que ce soit parce que je suis aussi jeune que fut dans ce livre son héroïne, ça se discute…) paru en 2004 et traduit française en 2006 offre une image réaliste de la vie sur le campus d’une grande université américaine. À travers l’arrivée d’une jeune fille d’origine modeste dans une prestigieuse université, ladite Charlotte Simmons, il fait le constat pessimiste d’un système gangrené par le laxisme des professeurs, l’alcoolisme débridé, et le matérialisme cynique des étudiants. Une vie sex, drugs and rock’n’roll que beaucoup connaissent mais que peu s’en soucie, c’est un peu le constat donné par Tom Wolfe dans ce livre, dont je reviendrais très certainement dans un prochain article.

Tom Wolfe base son oeuvre sur de longs romans touffus et très documentés, il passe des mois dans les endroits qui servent de décor à ses futurs romans et recueille des centaines de témoignages. Il n’a jamais caché l’influence qu’a exercé sur lui le romancier français Honoré de Balzac qui décrivait lui aussi la société de son époque. Tom Wolfe est particulièrement doué pour les descriptions et les dialogues évocateurs.

Un nouveau roman, intulé « Back To Blood », paraîtra dans les prochains mois et deux des ses oeuvres sont en cours d’adaptation :

  • Acid Test (The Electric Kool-Aid Acid Test en VO) qui devrait être réalisé par Gus Van Sant et sortir à la fin de l’année. Woody Harrelson (vu récemment dans Zombieland) et Jack Black (Tonnerre sous les tropiques, Extra-Large, King Kong ou encore Soyez sympa, rembobinez) feraient partie de l’aventure…
  • Charlotte Simmons (I Am Charlotte Simmons) est en pleine réalisation, c’est Liz Friedlander qui s’y collera, et pour l’instant le casting est top secret… Réponse en 2011.

Miss Nessie.

then-we-came-to-the-end

 

 

 

 

 

J’entends dire depuis quelques mois que c’est la crise. Crise financière, crise économique, crise du pouvoir d’achat, crise diplomatique, crise du chômage, crise climatique, crise sanitaire, crise écologique, crise du disque, crise du cinéma, crise de foie, crise de larmes, crise de nerfs, crises d’angoisse, crise d’insomnie, crise identitaire, crise de la trentaine, quarantaine, cinquantaine…

On vous crise avec le stress, euh… on nous stresse avec ces crises mixées à toutes les sauces. Alors pour y remédier, je vous propose de prendre une bonne inspiration et de vous relaxer avec un bon bouquin. Et j’ai un livre idéal pour vous aider à vous détendre pendant une pause, lors d’une réunion qui n’en finit pas, un cours un peu trop soporifique ou entre deux stations de métro quand celui-ci tombe en rade, surtout dans Paris.

Non, ce n’est pas une histoire epic épique d’heroic fantasy ou un énième torchon à l’eau de rose de chez Harlequin, mais celle d’une boîte qui court à sa perte… Qu’il y a-t-il de dépaysant dedans ? Eh bien, ce que je vais m’empresser de vous dire.

L’histoire de « Then We Came To The End » (disponible en version française sous le nom de « Open Space ») se déroule donc dans le Quartier d’Affaires de Chicago à l‘aube de l‘an 2000, où l’agence de publicité dirigée par une main de maître par la redoutable Lynn Mason connaît une grave crise sans précédent. La fin de toute une époque où les créatifs gagnaient des millions pour vous vendre du rêve, des bagels gratuits pour tous et des montagnes de concepts empilés sur les boxes de ces grands bureaux en open space…

Et les employés de cette agence vont vivre la plus grande peur de leurs vies : qui sera le prochain à partir ? Il faut aussi dire qu’elle ne manque pas de ressources, entre Chris Yop (le fanatique des chaises ergonomiques), Carl Garbedian (qui vole les médocs de ses collègues), Tom Mota (toujours à deux doigts de péter une durite), Marcia Dwyer (la langue de vipère à la coupe rétro ridicule), Jim Jackers (le souffre-douleur de la boîte), Benny Shassburger (le boute en train de la boîte), Karen Woo (la peste ambitieuse intégrale) et Joe Pope (le supérieur hiérarchique dont personne ne sait rien sur lui). Sans oublier la boss Lynn Mason, qui cache à toute l’équipe qu’elle souffre d’un cancer du sein.

Ce qui est fascinant dans Then We Came To The End, c’est de voir tout ce que la mauvaise troupe est prête à faire pour éviter de « marcher à l’espagnole vers le bout du couloir » (petite référence au bouquin et à une chanson de Tom Waits, « Walking Spanish ») mais surtout avec quel sérieux ils arrivent à se retrouver dans des situations plus que cocasses, voire même vraiment hilarantes.

Sans vous raconter la fin, je peux vous assurer que l’on se retrouve tous dans au moins un des personnages de ce livre à un moment ou à un autre car si leur métier et leurs caractères les en empêchent, ils restent (ou deviennent, c’est selon) malgré tout humains. C’est en gros la plus belle leçon qu’on pourrait en tirer bien que, étonnement, ce livre n’a pas vraiment de morale.

En effet, l’auteur (Joshua Ferris, publicitaire et écrivain, né en 1974 et originaire de Chicago) nous montre simplement que cette vie, décrite dans ce roman fictif- mais qui serait vraiment parfait pour une adaptation en série grâce à ses petites histoires dans l‘histoire -, elle pourrait être la nôtre, la vôtre, la mienne, celle de n’importe qui en soi.

Et pour les littéraires les plus sceptiques, sachez que ce 1er roman (publié dans le Sunday Times et sélectionné pour le titre de « meilleur premier roman » du Guardian, rien que ça) et qu’il a été accueilli lors de sa sortie en 2007 par une pluie de critiques dithyrambiques et conquis par l’univers décalé de cette boîte de pub et de ses cadres sup’ de l’Illinois, plus américains que tous les George W. « Bretzel » Bush du monde. En V.O ou en V.F, Then We Came To The End est un petit bijou de littérature, facile à lire et tordant à souhait. Courez vite vous le procurer, c’est satisfait ou remboursé !! Non, plus sérieusement, je suis sûre que vous allez l’adorer…

Miss Nessie.


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