Nessieland : le blog

Interview: Call Me Señor

Posted on: 02/21/2011

S’il y a bien une chose que Nessieland aime par dessus tout, ce sont les découvertes musicales. Alors lorsque nous avons été gentiment sollicités pour interviewer un duo pop français au talent et à la fraîcheur impressionnante, nous avons acceptés sans aucun problème. C’est ainsi que je me suis retrouvée un samedi ensoléillé de janvier (si si, ça existe!) à faire notre toute première interview avec Alex et JB de Call Me Señor, qui viennent de sortir un nouvel EP « Sex With You » et que je vous recommande très chaudement…

Sex With You, le nouvel EP des Call Me Señor

Sex With You, le nouvel EP des Call Me Señor

Hélàs, entre temps, la loi de Murphy a frappé Nessieland et je me suis retrouvée sacrément embêtée pendant une bonne quizaine de jours où mes mails professionels et mon accès au blog étaient bloqués, faute d’avoir un ordi qui marche, en plus d’avoir perdu plusieurs chroniques dans mon PC, désormais au paradis des PC merdiques… Heureusement, les choses reviennent petit à petit dans l’ordre et les chroniques prévues arrivent dans les jours qui viennent. Mais bon, l’interview est là et Nessieland aussi, alors c’est pas grave!!

****

Bonjour, je vais d’abord commencer en vous demandant de vous présenter, qui vous êtes, d’où vous venez, etc…

JB: Le groupe, c’est Alex et JB, on s’appelle Call Me Señor, on fait de la musique avec ce groupe depuis un peu plus d’un an. On sort un 2ème EP, prochainement, le 8 février, on fait de la musique ensemble depuis 6 ans et là, ce projet là, c’est un truc très pop et très dansant en même temps, on a pas encore fait de compromis entre le côté très dansant et le côté très catchy, très mélodiques, ce sont deux choses qui nous intéressent.

Bah, en fait vous venez de répondre plus ou moins à ma deuxième question qui en fait de savoir comment vous vous définiriez musicalement?

JB: Ça a un coté très new-pop.

Alex: Tu l’as dis ou pas?

JB: Non, je l’ai pas dit.

Alex: Parce qu’on va commencer à dire ça partout, on avait trouvé ça avec un pote ingé-son, parce que ça reste des mélodies avant tout.

C’est vrai que ça s’entend!

Alex: Ouais, c’est ça, des mélodies et des voix que tu peux chantonner. Et en même temps derrière, on est plus électro, c’est pas juste de la pop classique. Et donc, c’est un peu la tendnace de 2011, je pense. En fait, c’est ça, t’as plus aucune pop vraiment plate comme avant, tous ont un un peu d’éléctro, le new-pop. J’adore (rires).

J’aime aussi, je trouve ça sympa comme concept.

JB: Ça change de l’éléctro rock où t’entend toujours les mêmes trucs.

C’est surtout des trucs qui reviennent très souvent en ce moment.

Alex: Il y a beaucoup de groupes d’éléctro rock qui sortent en ce moment et c’est assez mauvais.

Et vous avez qui comme exemple? (rires)

JB: On a pas le droit de le dire.

Alex: Il y en a que j’aime pas, je vais pas en citer un en particulier. C’est juste un mouvement où t’as l’impression que tout revient à chaque fois. Je parle pas d’artistes qui font la même chose, qui font des chansons qui marchent bien et qui font 12 versions de ce qu’ils ont fait en single. On trouve ça un peu dommage.

Et donc, quels sont vos principales influences musicales? En fait, ça se résumerait à quoi?

JB: C’est Alex, c’est ce qu’il me fait écouter.

Alors, Alex?

JB: Non mais c’est un peu ça (rires).

Alex: La liste, ça commence à Oasis, Blur, les Stones Roses, des trucs qui ramènent à l’Angleterre.

La scène de Manchester, je crois?

Alex: Ouais, c’est un peu ça même s’ils sont plus de Manchester. Sinon, il y a des trucs un peu plus récents comme Kasabian.

JB: On écoute plus de trucs comme ça.

Alex: Sinon, on écoute aussi du rock, disons classiques, évidemement Beatles, Stones, enfin surtout en ce moment. On a eu cette période comme tout le monde et ça nous influence encore. Ça nous influence encore parce que justement, ça a influencé tout le monde après. Qui il y a d’autres…

Ouais, c’est les références?

Alex: Ouais c’est ça. Il y a du rap aussi, du rap français à un moment mais pas beaucoup. C’étaint des trucs comme NTM, Busta Flex, encore que son premier album j’aimais bien, le 2e, Fric, Violence et je sais pas quoi [ndlr: C’était Fric, Violence, Sexe et Flouze, en 2000], il était trop nul, enfin je trouve. Sinon des trucs américains comme les premiers albums de Dr Dré, Snoop, les premiers d’Eminem, ses démos qui étaient super bien, Kanye West, son dernier album qui est incroyable. Toi (en désignant JB), t’es plutôt sur Lil Wayne.

JB: Pas l’album rock, hein!

(rire général) Ah ouais, mais ça c’était juste une mauvaise blague, en fait. J’ai entendu un titre une fois mais, euh non.

JB: C’est dégueulasse, alors que avant il y avait des trucs super intéressants. Je suis pas fan quand il faisait des trucs avec des guitares et des vocoders, je trouve ça un peu épuisé.

Alex: Bah Kayne West, il l’avait fait avec Heartbreak (ndlr: son album sorti fin 2008, qui n’a pas rencontré le public escompté) mais dans des sons peut-être un peu plus propres. Les deux premiers albums de Foals qui m’ont mis complètement sur le cul. En français c’est super léger, ça va être des groupes qui vont chanter en anglais comme Phoenix, Housse de Raquette…

JB: Bah Housse de Raquette, ils avaient fait un premier album en français, un truc incroyable, que j’écoute en boucle. Après il y a des trucs inconnus pour lesquels on est tombés, pour une raison ou une autre, comme Toro Y Moi, Kisses, El Guincho, c’est pas des trucs super connus, moins connus mais excellents.

Alex & JB de Call Me Señor

Alex et JB de Call Me Señor

Vous allez donc sortir un EP le 8 février et vous avez DJ sets de prévus à Londres, plusieurs à Paris et à Reims aussi…

JB: C’est pas des tous des DJ sets,c’est surtout des concerts mais c’est vrai qu’on en a un prévu dans deux semaines [ndlr: l’interview a été faite le 29 janvier et le DJ set a eu lieu le 10 février dernier]. On est pas des DJ, on mixe, on fait des petits sets comme beaucoup de groupes de rock le font…

Alex: …Mais on passe plus des chansons que de faire des vrais mixes, mais c’est surtout des concerts.

JB: C’est vrai que pour les concerts, on a pas de platines, on joue avec de pistes mais on a nos instrus. On est pas juste des DJ derrières des machines. Je pensais à des mecs comme Justice en fait, qui sont juste devant leurs platines.

Et du coup, comment vous appréhendez tout ça en fait, est-ce que vous êtes impatients de monter sur scène, de faire votre truc?

JB: Ça peut paraître prétentieux, c’est pas le but mais c’est quelque chose qu’on mérite. C’est pas qu’on mérite de vendre un million d’albums et tout. C’est juste qu’on mérite parce qu’on travaille dessus depuis un an et demi. On a commencé ce groupe tous les deux, vraiment à partir de zéro, on avait aucune chanson d’avant, on s’est juste câlés, on a passé beaucoup de temps à écrire, à travailler sur les sons qu’on voulait avoir, beaucoup de temps à découvrir aussi ce qu’il serait possible de faire en terme de production et c’est assez flagrant avec les deux EP sur la différence qu’on peut avoir avec le son. Et du coup, c’est pas une surprise, c’est quelque chose de naturel et en fait, on passe beaucoup de temps à travailler et ça devient plus une attente. Et quand une chanson tombe, bah voilà, c’est surtout que je ne sais plus combien de temps on a passé sur cette chanson et il est donc normal que tel mec de telle salle aime bien. Faut pas le prendre pour un truc prétencieux, c’est vraiment travail et rigueur. On est conscient que c’est une chance, qu’on ne l’a pas tous et que ça fait un an et demi qu’on est dessus. On écrit beaucoup, on fait donc de la musique ensemble depuis très longtemps, c’est justifié.

Alex: C’est pas trop mon cas, c’est surtout être excité de faire ces concerts. Là, on joue à Londres, la Flèche d’Or c’est la troisème date de l’année, la deuxième où on est en tête d’affiche et c’est super cool. Moi j’aime bien parce que ça casse un peu le rythme, on fait partie de ces groupes où de par le positionnement, c’est pas du tout le même exercice le live comme des groupes comme The National, où c’est vraiment le son qui compte. Nous, en live, les gens ont la perfection de notre son, enfin ce que nous on cherche sur nos titres, ils le retrouvent dans nos enregistrements en club, en concert comme à la Flèche d’Or, le but c’est que les gens se marrent, qu’ils passent une bonne soirée, qu’ils s’éclatent, dansent, qu’ils aient un bon souvenir. Et le nombre de soirées dans lesquels je suis allé où je me suis souvenu de la bonne soirée ou de la mauvaise soirée en fonction de la musique qui y passait et tout. C’est ce qui compte. Donc, en live c’est moins difficile pour nous, je dis pas qu’on doit pas être bon, je dis juste qu’on a pas cette perfection de son à rechercher, il faut juste que les chansons passent, qu’elles soient bien jouées et que les gens s’éclatent.

Vous avez un album en vue, faire quelque chose d’un peu plus gros ou alors vous préférez rester cantonnés sur les EP pour le moment?

JB: Là aussi, ça se fait petit à petit, c’est un taf. On a autant de chansons pour pouvoir faire un album potentiel, en même temps, ça sert à rien de sortir un album tout de suite. On sait vraiment où on va aller, on ne veut pas que quand on sort un album, que ça fasse comme – je citerais aucun nom – mais des groupes parisiens qui  sortent direct un album et qui en ont vendus 3 à leur potes et à leur famille, ce serait une erreur parce qu’il s’agit de groupes qui ont souvent de bonnes chansons, en même temps, ils sortent ça trop tôt. Il y a un vrai truc, et les groupes l’ont un peu oubliés, c’est qu’il faut d’abord travailler, faire plein de concerts et faire plein de EP, de faire connaître ton truc et après, quand on sentira que c’est prêt, là on se fera un album.

Alex: Et puis aujourd’hui, avec l’ère numériqu, on sait très bien que, même nous, on essaie d’acheter des albums pour leur continuité et puis, après tout je fais de la musique, donc je suis obligé d’être un peu câlé là-dessus. Sinon, tous les gens qui sont autour de moi, ils achètent que les chansons qu’ils aiment, ils n’achètent plus forcément d’albums, ça se fera sur iTunes, sur tous les supports digitaux. Donc, après ce qui va changer pour nous, en tout cas pour moi, c’est que le support, on s’en fout complètement. Il faut juste continuer à écrire des chansons, comme d’habitude et après, ils finiront peut-être sur un EP 4 titres ou sur un album avec 12 ou 14 chansons. Mais dans le résultat, je vois pas pourquoi ça changerait mon écriture. On s’est donné une direction et un objectif: on écrit, on écrit et le jour où on aura l’opportunité de faire un album, on le fera. En attendant, l’EP c’est super, ça permet de faire un peu de distribution

JB: Et puis l’album c’est un truc que le manager voit. Lui, il le saura, il viendra nous voir, il nous dira « Ce serait bien de faire un album… » Nous, on écrit nos chansons, on fait des concerts, on fait des remixes de plein de trucs, et ça on le fait bien.

Alex: Ça fait genre 10 ans qu’on fait de la musique, enfin avant qu’on se connaisse. Ca change tellement. Et au début, quand t’as 15 et que tu penses à faire de la musique, tu te dis évidemment que le but c’est l’album. Maintenant, il y a plein d’artistes archi connus, qui aujourd’hui sortent à peine leurs albums. Ils ont fait 4 EP, ils ont fait leur carrière grâce à ça, il y a aussi le fait d’être diffusé qui est génial, déjà pour iTunes, ça n’existait pas avant. On sait pas comment ça fonctionne. Je sais que nous, si on faisait un album, il faudrait qu’on choisisse 10 ou 12 chansons qui soient cohérentes. Après, avoir plein de chansons et qu’elles soient bonnes, c’est ce qu’on essaie de faire tous les jours, qu’on ai un album en vue ou pas, quoi.
Comment vous avez en fait rencontré Nico Prat?

JB: En soirée. Nico est un noctambule avéré et il est connu dans tout Paris pour ça.

Alex: J’imagine que tu l’as rencontré en soirée aussi…

Eh bien, en fait, je le connais via une émission de radio qu’il anime, les Critiques Zik avec Laura Leishman [sur Le Mouv’, l’émission est du lundi au jeudi de 21h à minuit et tous les mercredis à 22h, on invite 2 autres bloggeurs ou rédacs chef de webzines musicaux pour parler des derniers titres qui tournent en radio en Europe et aux States]. Et un jour, il m’envoie un mail en me demandant si ça me plairait de faire une petite interview des Call Me Senor, alors je lui réponds « Ouais, pourquoi pas… » Alors je vais checker tout ça sur MySpace et je me suis dit « Ah ouais, ça va être sympa », alors j’ai préparé mes questions et puis je suis là (rires).

Alex: On savait qu’il bossait un peu dans la musique, qu’il bossait dans des magazines, qu’il organisait des soirées, et comme l’a dit JB, on a recommencé un nouveau groupe de zéro et on s’est dit qu’on allait demander à Nico pour savoir si on pouvait un petit concert par ci par là et il nous a booké deux dates. Et à la fin de la deuxième, je suis reparti chez moi, parce que je devais bosser et JB est resté, il m’a laissé un message sur mon portable en disant maintenant on a un manager. Ca reste notre manager, c’est pas moi qui l’ait choisi mais voilà…

JB: Mais même avant, on trainait dans d’autres bars, qui étaient assez réputés à Paris parce qu’il y avait des groupes qui y allaient très souvent et on avait croisé Nico, qui traînait là aussi. Après tout, on fait parti des mêmes cercles.

Et donc pour 2011, vous prévoyez quoi? Une tournée, peut-être même des festivals…

JB: Ouais, dans l’idéal ce serait des festivals, ça nous ferait vraiment marrer.

Alex: D’ailleurs, c’est maintenant qu’il faut s’en occuper!

JB: On a envie de jouer, que les morceaux tournent. On va en écrire d’autres, on va essayer de faire des remixes, faire tourner le truc…

Alex: C’est vrai qu’on essaye, c’est l’avantage d’avoir maintenant un manager qui est Nico, c’est que on peut, juste après l’interview rentrer et écrire une chanson si on veut faire notre truc et après, c’est Nico qui s’occupe de gérer l’organisation derrière. C’est lui qui va nous dire si ça nous va de faire un concert là, un concert là, éventuellement une tournée et c’est lui qui va préparer notre rentrée. Mais là, nous on reste sur la musique tout le temps, et là il nous avait préparé une journée promo pour faire des versions acoustiques d’une chanson. On essaie de faire ça étape par étape. Donc là, journée promo, ensuite le concert à la Flèche d’Or [ndlr: qui était d’après les échos que j’ai eu « incroyable » et « bien sympa », ça m’apprendra à mal choisir mes soirées parisiennes], à Londres. Et puis il va y avoir aussi le clip de Sex With You qui se prépare et qui sera disponible d’ici un mois (et qui sera naturellement dans Nessieland).

Et une dernière question, vous avez un mot pour la fin, un truc à dire aux gens du style « Venez nous voir, on est géniaux! »?

Alex: Aux français, aux gens de Londres et à toute la population…

JB (l’interrompant): T’es en train de faire l’appel du 29 janvier, c’est ça? (rires)

Alex: Et en plus, ce sera dans l’East End, ce sera un super concert. Un petit festival. Et pour ceux qui ne pourront pas aller, la date de la Flèche d’Or [le 11 février dernier, je vous mettrai des liens relatifs à ce concerts très vite] avec Patrick Bower, qui est l’autre artiste du label Shakermaker.

Bah voilà, j’en ai fini pour l’instant, plus d’autres questions, je vous remercie d’avoir répondu à mes questions…

JB: C’est nous qui te remercions!

******

Pour plus d’info sur les Call Me Señor, rendez vous sur leur MySpace (http://www.myspace.com/callmesenor), leur twitter (http://twitter.com/cmsenor) ou encore sur leur page facebook (http://www.facebook.com/pages/Call-Me-Se%C3%B1or/265537139169)… Et pour ceux qui veulent savoir à quoi ça ressemble Call Me Senor, voici une petite vidéo qui vous fera plaisir…

Une autre? Bon d’accord mais seulement parce que c’est vous…

Miss Nessie

ps: Enormes remerciements à JB et Alex pour leur gentillesse ainsi qu’à Nico Prat pour sa patience ainsi que pour avoir rendu cette toute première interview de Nessieland possible…

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1 Response to "Interview: Call Me Señor"

Nice interview Nessie, i have never heard of these, but if they are anything like there influences then they will be exellent. The Manchester scene or MADchester scene as it was known was awsome, music in england now sucks!!!

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