Nessieland : le blog

House Of Saddam ou le must des séries historiques.

Posted on: 07/21/2010

Les fresques historiques n’ont pas toujours été très réussies sur grand écran. Et l’histoire nous a souvent prouvé que même les plus grandes épopées pouvaient devenir des séries B ou pire, des bides tellement colossaux que certains acteurs se sont brûlés les ailes rien qu’en y jouant : Vercingétorix, 1515, Vidocq, Marie-Antoinette ou encore Alexandre et ce, parmi d’autres nanars irregardables que j’ai sûrement omis de citer…

House Of Saddam: bienvenue dans une famille presque comme les autres...

En revanche, ça passe nettement mieux sur le petit écran et généralement le succès est au rendez vous: Les Rois Maudits, Napoléon, Rome, Kaamelot (dans un autre registre mais avec autant de succès) ou encore The Tudors et j’en passe. Parce que les faits historiques font souvent part belle avec le drame, le caustique, l’ironie ou alors dans le cas de la série irlando-américaine l’animosité (aussi bien dans le caractère mi-figue mi-raisin de Henry VIII – qui l’était tout autant dans la vraie vie – que dans ses chevauchées royales auprès de généreuses donzelles – et de ce que je sais grâce à mes cours à la fac, c‘était pas que du fictif ces histoires de galipettes en lousedé dans les granges).

Eh bien, amis historiens, fans de séries télé et critiques en tout genre, si vous n’avez jamais entendu parler de House Of Saddam, c’est que ma foi, vous ne regardez pas les bonnes chaînes. Oubliez donc les guéguerres futiles entre les Newman et les Abbott, jetez à la fenêtre toutes les vannes douteuses de Laurent Romejko et abandonnez toute envie de « Diner Presque Parfait ». Cette série britannique, et initiée par BBC Two, raconte avec beaucoup de justesse le destin de la famille d’un général qui deviendra en l’espace de peu de temps, un des hommes les plus puissants au monde et l‘homme fort de l‘Irak pendant plus de 30 ans, Saddam Hussein. Là, déjà ça a l’air plus intéressant non…

Sans tomber dans le sentimentalisme ni dans le genre télénovela colombienne mal doublée, House Of Saddam nous relate la vie de la famille de l’ex-dictateur et depuis son ascension au pouvoir en 1979 après la grave crise du pétrole jusqu’à sa déchéance en 2003 puis sa mort par pendaison en décembre 2006. Bien sur, raconter près de 35 années de pouvoir en 4 épisodes de 52 minutes, ça implique pas mal de choses et aller à l’essentiel pour comprendre un peu mieux qui était le personnage en fait partie, d’où l’intérêt de ne parler de ce qui a vraiment touché les Hussein ainsi que l’Irak en lui-même. Et tout y passe au peigne fin, sa prise du pouvoir militaire, la guerre avec le voisin Iranien de 1979 à 1989 avant de s’attaquer au voisin koweitien en 1991 puis les tensions grandissantes avec l’Occident qui le mèneront à se perte avec la 2nde Guerre du Golfe (qui est encore au jour d’aujourd’hui un bourbier tel que ni américains ni irakiens n’arrivent à s’en sortir, et là, je ne parle que des faits).

Tous ces aspects qui ont fait de Saddam Hussein, celui qui est devenu ont été donc regroupés dans cette série à l’humour cinglant et à la tension dramatique absolue, ce qui en fait, un bijou télévisuel. Celui qui interprète l’ex-dictateur, c’est un inconnu répondant au nom de Yigal Naor. Inconnu ici en France mais très connu dans son Israel natal où il a déjà fait ses preuves en tant qu’acteur de renom. Son épouse, Sajida Khairallah Talfah, est interprétée par Shohreh Aghdashloo, une actrice les plus côtée d’Iran.

Autre fait plus qu’intéressant dans House Of Saddam, hormis les plumes incroyables des scénaristes et des producteurs britanniques Alex Holmes, Stephen Butchard et Sally El Hosaini, ce sont les seconds rôles qui crèvent aussi l’écran et ceux qui l’ont le plus crevés sont français. Eh oui, cocorico donc, car trois personnages importants de la série viennent effectivement de chez nous : Said Taghmaoui qui joue le rôle de Barzan Ibrahim, général irakien et accessoirement demi-frère de Saddam, Said Amadis, qui joue Adnan Khairallah, le cousin et beau-frère de Saddam et aussi Simon Abkarian, l’interprète de Oais, le dernier fidèle de Saddam, personnage torturé dont on s’attache très vite au fil de l’histoire.

Alors le gros hic, c’est que dans une fresque historique, vu que ça parle de faits ayant déjà existés, on connaît la fin. Mais, et c’est là où je trouve que les fresques historiques sont tout bonnement merveilleuses, c’est que le suspense est présent, du début jusqu’à la fin. Tout devient électrique dès la moindre action et/ou parole et dans le cas de personnages à très fort caractère comme le fut Saddam, Henry VIII et même Napoléon, ça rend l’intrigue encore plus alléchante.

Alors comme j’ai vraiment envie que vous y jetiez un œil, je ne vous raconterais pas tout mais cette mini-série est géniale autant dans l’écriture que dans la trame de l’histoire parce que justement, c’est une histoire contemporaine presque banale au fond. Parce que House Of Saddam avant d’être une série sur les heures sombres de l’Irak, c’est avant tout une belle et tragique histoire de famille… et quelle famille!!

Miss Nessie

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