Nessieland : le blog

Happy Birthday… Frank Black

Posted on: 04/06/2010

Comment faire abstraction de l’anniversaire d’un mythe tel que Black Francis? Sérieux, rien pour la street crédibilité de Nessieland, ça l’aurais vraiment foutu mal!! Alors pour réparer ce préjudice, je vais m’y atteler non sans joie pour célébrer les 45 ans de Frank Black, la tête pensante des Pixies, mais pas que…

Frank Black

Mythique Black Francis

Charles Michael Kittridge Thompson IV, plus connu sous son nom d’artiste Frank Black ou Black Francis (pseudonyme qu’il abandonnera après la séparation des Pixies) est né le né le 6 avril 1965 à Boston,  mais grandit à Los Angeles, là où son père gérait un bar. Le divorce puis remarriage de ses parents l’amènera très souvent à faire des aller-retours entre la Californie et le Massachusetts.

C’est en 1984 que Thompson rencontre Joey Santiago (futur gratteux des Pixies) alors qu’ils n’étaient encore qu’étudiants en économie à l’Université Amherst du Massachusetts . Le hasard voulut que les deux futurs amis partagent la même résidence universitaire. Leur passion commune pour la musique fit qu’ils se lièrent rapidement d’amitié. Joey était un passionné du punk rock des années 1970 et de Bowie, tandis que Francis appréciait plutôt des artistes des années 1960, tels les Beatles et Donovan. C’est donc Joey qui se chargea d’initier Francis au punk rock. Le duo enregistra quelques maquettes à deux guitares, sans objectif ou projet particulier. En septembre 1985, Francis partit pour un an à Porto Rico, dans le cadre d’un échange universitaire. Le mal du pays et sa difficulté à maîtriser l’espagnol firent qu’il rentra à Boston au bout de six mois, en mars 1986. Là, il parvint à convaincre Joey d’abandonner les études et de monter un groupe de rock. Les deux compères passèrent alors leur temps à composer, tout en vivotant d’un travail de manutentionnaire sur les docks de la ville. En juin 1986, ils décidèrent de passer une petite annonce dans un journal local, le Boston Phoenix afin d’y recruter une bassiste sachant chanter en harmonie et aimant Peter, Paul et Mary et… Hüsker Dü.

Kim Deal, jeune laborantine tout juste mariée et fraîchement débarquée à Boston fut la seule personne à répondre à l’annonce. Francis et Santiago surent dès le début que c’était elle qu’il leur fallait, en dépit du fait que Kim n’ait jamais touché de basse de sa vie. Le groupe commença dès lors à répéter avec une boîte à rythmes, mais la nécessité d’un batteur se fit sentir. Ce fut d’abord Kelley Deal, sœur jumelle de Kim, qui fut pressentie. Francis et Kim se partagèrent le prix du billet d’avion pour la faire venir de l’Ohio. Kelley passa l’audition avec succès, mais refusa d’intégrer le groupe en déclarant que cela ne l’intéressait pas et repartit dès le lendemain. Kim se souvint alors de David Lovering, croisé à la réception de son mariage et vieille connaissance de son mari. Non seulement David accepta, mais il proposa au groupe de répéter dans le garage de ses parents, chez qui il vivait toujours. Restait à trouver un nom à ce groupe fraîchement formé. Joey, qui avait souvent recours au dictionnaire (l’anglais n’étant pas sa langue maternelle) tomba par hasard sur ce drôle de mot qui désigne de petits elfes malicieux. Après avoir envisagé des noms tels que Pixies in panoply et Things on fire, le nom de Pixies fut définitivement adopté. C’est sous ce nom qu’ils donnèrent leur premier concert, au Jack’s Lounge de Boston en septembre 1986. Les Pixies connaissent dès alors un succès fulgurant mais des problèmes récurrents dans le groupe et aussi l’envie de certains – dont notre ami Black Francis – poussèrent le groupe à se séparer en 1992, pour le plus grand désespoir des fans de l’époque et que Black Francis change son pseudo en Frank Black.

Après le lancement d’une inattendue reprise électro de Hang On To Your Ego des Beach Boys (extrait de leur album Pet Sounds), il publie en 1993 son premier album, Frank Black, avec l’aide d’Eric Drew Feldman (Captain Beefheart, Pere Ubu). Salué par la critique, l’album est loin de connaître le succès de celui des Breeders, Last Splash, sorti au même moment (les Breeders ont été fondés par l’ex-bassiste des Pixies, Kim Deal).

En dehors d’un hommage au groupe punk rock The Ramones (le lyrique I Heard Ramona Sing : « The speed they’re travelling/They are the only thing ») et de la reprise citée plus haut de Brian Wilson, on retrouve dans ce premier album les thèmes favoris de l’ex-leader des Pixies : extra-terrestres, planètes lointaines, distorsions spatio-temporelles, folie douce, ésotérisme, etc. Frank Black s’y essaye à différents styles de chant (du langoureux Everytime I Go Around Here au hurlant Ten Percenter), y compris parfois dans un seul et même morceau (Parry The Wind High, Low). Il poursuit, avec une orchestration élargie (cordes, cuivres), les expérimentations déjà perceptibles dans les deux derniers albums des Pixies, Bossanova (1990) et Trompe le monde (1991) et semble gagner en ambition et en puissance vocale ce qu’il perd en légèreté et efficacité.

Avec le très dense Teenager Of The Year, sorti un an plus tard, la prolixité de Frank Black se change en gloutonnerie : 23 morceaux inégaux s’y succèdent à un rythme échevelé. D’une chanson à l’autre, on change d’univers sonore et mélodique, F. Black s’amusant à multiplier les ruptures de style, passant d’un court morceau hardcore (Thalassocracy) à une douceâtre chanson reggae (Fiddle Riddle) puis à une composition aérienne indécidable (The Vanishing Spies), etc. Les thèmes, eux, ne varient pas : astrophysique, science-fiction, caprices de l’espace physique, etc. Si Teenager Of The Year reste aujourd’hui l’un des albums préférés des fans de Frank Black, à cause sans doute de sa largesse, l’album est un échec commercial. Frank Black traverse alors une période de crise d’inspiration et renoue avec ses premières amours, le punk-rock hardcore, s’appliquant à composer des titres moins ambitieux.

Dans la foulée de l’hymne Men In Black , où il est question de l’invasion de la terre par des extra-terrestres en forme de concombres (« You believe it ? You better ! » menace la chanson), l’album The Cult Of Ray (dédié à l’écrivain de science-fiction Ray Bradbury), produit avec peu de moyens, violemment électrique, où l’orchestre se réduit à chant/basse/guitare/batterie, se heurte à l’incompréhension de la critique et d’une partie des admirateurs des Pixies et des deux premiers albums de Frank Black. Sur sa lancée, F. Black s’adjoint un groupe, The Catholics, et fait paraître un disque tout aussi brutal et électrique, Frank Black and The Catholics, dans lequel le morceau The Man Who Was Too Loud fait office de confession sur les raisons de ce tournant musical (« He’s not the man that he used to be »). L’unique ballade de l’album, Dog Gone, est une des plus personnelles et déchirantes de l’auteur.

Pistolero, en 1999, poursuit dans la même veine électrique, mais avec plus de cohérence et de richesse mélodique que les deux albums précédents. On retrouve dans celui-ci les accélérations, les éclaircissements subits (la fin de So. Bay) et les subtils entrecroisements de mélodie (So Hard To Make Things Out) qui donnèrent en leur temps le style si neuf des Pixies. Le disque suivant, Dog In The Sand (2000) propose une voie neuve. Toujours très rock mais lorgnant déjà vers la folk et le country-rock (Bullet), il amorce un deuxième tournant dans l’œuvre du chanteur.

Les deux disques suivants, sortis en même temps en 2002, Black Letter Days et The Devil’s Workshop, offrent un éventail de chansons, souvent d’inspiration traditionnelle, country-rock ou blues. F. Black a considérablement simplifié son écriture ; ses chansons, devenues en majorité intimistes, abordent des sujets largement personnels, comme ses relations douloureuses avec sa femme (Whiskey In Your Shoes dans The Devil’s Workshop aborde par exemple les thèmes du divorce et de l’alcoolisme : « Got divorce papers and we put down the ink/Tonight I won’t be having my usual drink »), sur des mélodies beaucoup plus évidentes qu’à l’époque de Teenager Of The Year. L’album suivant, Show Me Your Tears, contient le fameux blues biscornu Nadine et constitue à l’évidence une parenthèse. Le sujet en est la dépression. C’est le disque le plus sombre et claustrophobe de F. Black. Un morceau pose franchement la question : When Will Happiness Find Me Again ? L’album se conclut cependant sur une superbe ballade mystique, Manitoba.

F. Black se sépare alors de sa femme et se remarie avec la bassiste et chanteuse Violet Clark, avec qui il aura plusieurs enfants et fondera quelques années plus tard le duo Grand Duchy. Il abandonne son groupe les Catholics et part enregistrer à Nashville, en compagnie d’un certain nombre de grands noms (le légendaire guitariste Steve Cropper, Buddy Miller, Reggie Young, le bassiste David Hood), l’album Honeycomb, à ce jour sans doute sa plus grande réussite. Doux-amer mais serein, dépouillé de toute explosion de rage (fait rare chez F. Black), Honeycomb explore avec tendresse et professionnalisme divers aspects de l’americana : country, folk, soul. F. Black y interprète une version très réussie du célèbre At The Dark End Of The Street de James Carr. Ayant enfin trouvé le moyen de rebondir, mais toujours aussi glouton, Frank Black enregistre en 2005 et 2006, toujours à Nashville, le double album Fast Man/Raider Man. Cet album, réalisé avec l’aide des musiciens qu’on trouvait déjà sur Honeycomb, est à la fois plus rock et plus pop que le précédent.

Courant 2006, Frank Black reprend son pseudonyme du temps des Pixies et redevient Black Francis. Les morceaux inédits qu’on peut entendre dans l’album mi-live mi-studio Christmass sont ainsi signés de son ancien pseudo.

Avec l’aide de sa nouvelle compagne Violet Clark (à laquelle il avait dédié un morceau dans Honeycomb), il réalise Bluefinger, un album-concept consacré au peintre et musicien punk hollandais Hermann Brood dont il reprend le titre You Can’t Break A Heart And Have It. L’album, très attendu, sort en 2007. Il y raconte avec rage et tendresse la grandeur et la déchéance du « pope of the punk » (Angels come to comfort you).

Début 2008, Black Francis sort le mini-album Svn Fngrs (pour « Seven Fingers »), qui comprend sept morceaux très variés ayant en commun de faire référence à des créatures mythologiques ou à des figures religieuses (ainsi Garbage Heap, consacré à la figure de Judas, ou Tale of Lonesome Fetter, dédié à l’une des incarnations de Bouddha). Black Francis prépare actuellement, entre autres projets, la sortie de la bande originale qu’il a écrite pour le film muet The Golem (réalisé en 1920 par Paul Wegener), et un album, Petits fours (en français dans le texte), enregistré avec sa seule compagne Violet Clark sous le nom de groupe Grand Duchy et a aussi fait une tournée pour les 20 ans de l’album Doolittle fin 2009 dont un passage TRES remarqué à Paris… en espérant un nouvel album du quartet américain!!!

Miss Nessie

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