Nessieland : le blog

Le Journalisme Gonzo

Posted on: 09/03/2009

Gonzo. Un mot amusant en bouche qui peut évoquer tout et n’importe quoi…
gonzo

Une émission musicale culte sur MTV UK, un personnage fou-fou du célébrissime « Muppet Show » de Jim Henson, une situation un peu trop extrême et hallucinogène ou encore un petit plaisir solitaire nocturne en regardant un de ces pornos très cru qui vous aveuglent en quelques secondes… Tout et n’importe quoi, je vous disais…

Mais ne vous en faites pas, ladies and gentlemen, car ce post sera entièrement consacré à un style journalistique très particulier, popularisé aux USA grâce au maître en la matière, le reporter et écrivain Hunter Stockton Thompson (1937-2005), je veux bien entendu parler du journalisme gonzo.

Le journalisme gonzo (ou en anglais Gonzo Journalism) est un style journalistique atypique dont sa principale caractéristique est de traiter son sujet de manière ultra-subjective – à contre-courant du journalisme à proprement parler dont le principe d’objectivité y est reine. D’ailleurs, en journalisme gonzo, il est très fréquent que le reportage fasse état de sa personne pour en faire un récit à la première personne des évènements relatés.

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Le terme de « gonzo journalism » a été inventé par Bill Cardoso, un éditeur du magazine Boston Globe en 1970, lorsque ce dernier qualifia un des articles de Hunter S. Thompson de « journalisme gonzo à l‘état pur ». Son intérêt pour le lecteur vient du fait que l’écriture journalistique y est à la fois libre, audacieux et humoristique (pour ne pas dire incisif, encore que) tout en gardant la perspicacité et le « sérieux » de son éditorialiste et/ou rédacteur. À mi-chemin entre la subjectivité de la chronique et le summum de l’investigation, le journalisme gonzo traite ses sujets avec le plus de précision possible.

Méthode d’ailleurs plus répandue au jour d’aujourd’hui dans la presse dite « culturelle et artistique » (chroniques musicales et cinématographiques) – notamment dans des journaux comme le mythique magazine US Rolling Stone (fer de lance du Gonzo) et les britanniques Mojo et NME. En France ceux qui s’en rapprocheraient le plus se trouvent plus sur Internet (comme le site francophone Gonzaï) que dans la presse écrite. Non, Rock N Folk, c’est pas du gonzo. Et Patrick Eudeline, non plus bien que très bien renseigné sur le sujet pour avoir publié plusieurs livres sur Thompson et son art…

C’est d’ailleurs en perfectionnant cet art qu’est le journalisme gonzo que le mythe du Dr. Hunter S. Thompson s‘est créée. En effet, c’est en faisant un reportage sur les Hell’s Angels en 1966 qu’il montre la voie sur ce qui deviendra le journalisme gonzo en s’intégrant totalement au style de vie de cette bande notoire de motards californiens, quitte à finir le travail avec un petit séjour en hôpital après une « querelle éthylique spontanée », selon ses propres dires. Ce sera avec ce qui sera son chef d’œuvre (distillé de délires psychotropes, quelques gorgées de bon bourbon et de belles mésaventures) « Fear And Loathing In Las Vegas : A Savage Journey to the Heart of the American Dream », sorti en 1972, que Thompson est rentré dans le panthéon du journalisme moderne. Adapté au cinéma en 1998 par l’ex-Monty Pythons Terry Gilliam, il est sorti en France sous le nom de Las Vegas Parano, avec les acteurs Johnny Depp (dans le rôle de l’alter ego de Thompson, Raoul Duke) et Benicio Del Toro (révélé dans ce film où il joue son avocat, Dr. Gonzo).

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Bien heureusement pour nous, Hunter S. Thompson n’était pas le seul représentant de la communauté gonzo. Bien que ce dernier ait écrit pour les grands (New York Time Magazine, Esquire, Le Times, Rolling Stone). Les plus grands rédacteurs gonzo connus ont pour la plupart travaillé pour Rolling Stone comme le célèbre critique rock Lester Bangs (icône intellectuelle des Seventies), P.J. O’Rourke, Tim Jones ou encore George Plimpton.

Si en 2009, le journalisme gonzo demeure plus underground, notamment pour la presse spécialisée dans la musique et le cinéma et encore plus pour les blogs et autres webzines, la légitimité de Thompson et de son mouvement à l’aube du journalisme moderne du 20e siècle se transmet et perdure à travers des passionnés, des littéraires mais surtout à travers des esprits libres…

Miss Nessie

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